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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 16:01

Vallée du Rhône Voilà une escapade qui était sur ma petite liste depuis bien longtemps. Un joli projet que j’étais heureux de concrétiser enfin. Avec une belle grappe d’amis de LDB, nous avons donc organisé ce week-end viticole entre Cornas et Ampuis. Seule petite ombre au tableau, pour des raisons professionnelles, Arthur n’a pas pu nous suivre cette fois ci.

En bref, 4 visites mémorables chez des vignerons de premier ordre et un dîner particulièrement bien arrosée…

 nullDès le samedi matin, notre première étape nous emmène chez Pierre Gaillard. Son domaine se situe à Malleval, un village magnifique perché dans les collines. On n’y trouve que de belles maisons en pierre. Le domaine nous est pourtant indiqué comme « la maison en pierre » ! Non sans quelques soucis, nous arrivons enfin.

Pierre est absent, mais nous sommes accueillis par sa femme et son fils. Nous avons droit à une visite des installations et des chais, ainsi qu’à une présentation du domaine. Pierre Gaillard est un vigneron plus qu’actif. 25 hectares en Rhône nord bien sûr, mais également 30 sur Collioure et Banyuls, un partenariat avec les Vins de Vienne et enfin une fille vigneronne, Jeanne Gaillard. La dégustation promet d’être animée§

On attaque avec les blancs. Un Collioure pour démarrer, puis les VDP de Jeanne. Marsanne, muscat et viognier s’enchaînent (2008). La qualité est au rendez-vous, les vins sont frais, minéraux et bien équilibrés, chacun dans le style du cépage. Le Côtes du Rhône blanc de Pierre, à base de viognier suit. Il est très expressif, puissant et parfumé, avec une jolie fin de bouche bien toastée. Nous sommes tous conquis.
Le Condrieu 2008 clôture les blancs. Il est plus discret, mais très fin et minéral, sur des notes de fleurs, de miel et de mirabelles. Riche et onctueux, il a besoin de deux ou trois ans pour se mettre en place, mais sera alors une valeur sûre. Un Collioure rosé nous permet de nous faire la bouche, puis nous attaquons les rouges.

Deux Faugères 2007 ouvrent le bal. Ce sont des vins puissants, sur des arômes de fruits rouges bien mûrs et d’épices. Transhumance est plus sur la fraîcheur avec des notes de garrigue. Parole du Berger, élevé en barriques est plus animal, sur du cuir et une belle longueur.

Trois Collioure s’enchaînent ensuite dans un style puissant. Des vins qui ont beaucoup de matière, mais manquent peut-être un peu de fraîcheur.

Les rouges du Rhône en 2007 arrivent, avec en éclaireurs les Saint Joseph. Le générique est léger et agréable, épicé, avec des touches de poivron, de groseille et de piment d’Espelette. Le Clos de Cuminaille, cuvée historique du domaine (la première), passe un cap. C’est plus fin, fumé, avec de la matière et du fruit mûr. Un beau vin. Les pierres enfin, est très élégant, sur le bois précieux. Il est plus en matière qu’en arômes, on sent le terroir en lui. Nous sommes surpris d’apprendre qu’il est élevé dans 100% de barriques neuves. On ne les sent pas.

Voilà le Cornas qui arrive. C’est un vin fin mais très riche. On a une belle complexité et des notes de tabac et de zan. On sent le terroir, les cailloux. Ce vin un peu rustique se dévoilera après quelques années. C’est mon favori lors de cette dégustation.

Le VDP Asiaticus s’est étrangement révélé peu expressif, nous en attendions davantage. La Côte Rôtie en est tout le contraire. Le vin est épicé, viandé, rôti, sur des fruits très mûrs. Riche et onctueux, il sait rester vif. La longueur est impressionnante et très épicée.

Côté moelleux, le VDP de viognier a un nez légèrement oxydatif, très typé Jura. Curieusement, la bouche est complètement différente, complètement sur la pomme granny, avec des faux airs de cidre sans bulles. Un joli vin, très étonnant.

Le Banyuls blanc est très fruité, sur la pêche et l’abricot, très moelleux et gourmant (100 g résiduels). La dégustation s’achève sur deux Banyuls rouges de belle facture.

Site Internet: Pierre Gaillard

Il n’est pas encore midi, et déjà 23 vins au compteur, cette journée démarre fort !

 

Le déjeuner qui suit est bien mérité. Nous faisons un repas très agréable au Bistrot de Serine à Ampuis. Nous y dégustons entre autres, un Saint Joseph blanc de Louis Chèze dont la qualité ne nous laisse pas indifférents.

 

Vient l’heure de partir chez Yves Gangloff. Le parcours jusqu’à son domaine est semé d’embûches, mais nous y arrivons finalement. Les petites installations sont situées au fin fond du village de Condrieu. Le manque de place justifie le bazar relatif qui emplit les lieux. Yves nous reçoit de manière amicale. Une guitare trône au milieu des fûts. La discussion s’installe, l’homme est intéressant, attachant. Il nous explique son parcours et nous présente son domaine. On est loin des multiples cuvées de Pierre Gaillard. Ici, sur 8 hectares, seules 3 cuvées sont pour le moment produites : un Condrieu, et deux Côte Rôtie. Une petite production de Saint Joseph arrivera très prochainement.

Ils ne sont pas encore en vente, mais ce sont ces mêmes Saint Joseph qu’Yves nous propose de déguster en premier. Le blanc 2007 possède un nez très profond, rond, sur les épices douces, le safran. Le vin présente une douce amertume et un beau velouté. Il est très expressif en bouche, épicé, sur des notes d’infusion, des touches miellées. C’est rond, gras, très long. Superbe.

Nous nous dirigeons ensuite vers le chais des blancs pour une dégustation sur fût des 2009. Saint Joseph puis
Condrieu
nous impressionnent. Les vins sont encore loin d’être finis, mais ce millésime s’annonce prometteur.null

Retour aux bouteilles avec le Condrieu 2008. Ce vin (millésime 2004) reste un de mes grands souvenirs des soirées copines. Je le retrouve totalement, ainsi que la signature Gangloff aperçue sur le Saint Joseph. Un nez profond, intense, sur le miel, les épices douces, et toujours cette superbe note safranée. C’est explosif en bouche, très concentré, rond mais soutenu par une belle acidité. Ce vin emplit la bouche et paraît interminable. Quelle intensité ! C’est un de mes grands coups de cœur.

La Côte Rôtie nous attend désormais de pied ferme. Sans le savoir, nous allons nous retrouver entraînés dans une sorte de verticale. Elle débute avec la Barbarine 2007. Nez très concentré et épicé. On a le poivre noir en fond, mais aussi l’olive noire et la tapenade. Le vin, très jeune, est encore un peu dur en bouche, mais va très bien évoluer. On sent des notes de fumé, d’encens. Ce sera superbe dans quelques années.

La Sereine noire 2007 possède un nez profond, plus secret, presque doux et rond, plein de fraîcheur. On a encore cette tendre amertume en bouche. Le vin est puissant, onctueux, élégant, marqué par l’olive et la garrigue.

La Sereine s’invite ensuite dans son millésime 2001. Le vin commence à bien évoluer. Le nez est intense, fumé et animal. L’olive noire est toujours présente, tout comme la puissance et le velouté en bouche. Les tanins sont encore fermes. Belle évolution qui promet, avec une fin de bouche expressive, concentrée et interminable…

Yves tient à nous faire découvrir un millésime complètement différent : 2002, une très petite année dans la région. Voilà qui est intéressant. Le nez est complètement différent des autres millésimes. C’est très fumé, un peu animal et beaucoup moins profond. On sent presque une petite moisissure. La bouche est plus fluide et moins complexe, la longueur moindre. A boire sans attendre, le millésime a parlé.

On part vers une autre réputation avec le 2005. Et pourtant, ce vin est étrange. Il est plus fermé, sur des touches de cuir. En bouche, il paraît très jeune. Des notes de zan et de fraîcheur le caractérisent. Ce vin demande à attendre, mais pour le moment, il me déçoit un peu.

Pour finir, nous attaquons la Barbarine 2006. On repart sur les arômes des premières cuvées avec une grande profondeur, l’olive noire et le cuir. Concentré et velouté, ce 2006 est sûrement le plus beau des vins rouges dégustés.

Nous avons découvert ici un domaine, mais aussi un homme passionné et attachant. Pour beaucoup d’entre nous, cette visite sera le coup de cœur du week-end.

Coordonnées:
Gangloff Yves Francis
2 chemin du Moulin
69420 Condrieu France
Téléphone. +33 (0)4 74 59 57 04


Cette intense journée de visites va prendre fin un peu plus loin, à Chavannay, chez Yves Cuilleron. Le domaine est plus facile à trouver et plus moderne. Nous avons rendez-vous au caveau pour la dégustation. La personne qui nous attend est sommelière de formation, très dynamique, et elle connaît les vins de la maison sur le bout des doigts. Accoudés au bar, nous pouvons entamer les blancs.

Le Saint Joseph Saint Pierre 2008 est un vin à base de roussane à 100%. Cela se sent dans le verre avec toute l’exubérance du cépage. Le vin est gras mais vif, sur des arômes de miel et de fruits jaunes bien mûrs. Un très beau vin.

Le Condrieu Petite Côte 2008, produit à partir de jeunes vignes, est aussi très expressif au nez. La bouche est grasse, mais sait rester fraîche et vive. Un vin agréable, sur la minéralité, mais qui ne possède toutefois pas la carrure des autres.
    

Le Condrieu Vertige 2007 est très loin d’avoir ce problème, c’est un monstre. Produit sur la parcelle du coteau de Vernon, il a pris toute la puissance du lieu. Il est élevé généreusement en fûts, mais sans que cela ne nuise à sa classe. Comme chez Gangloff, on retrouve les épices douces et le safran dans une bouche grasse et ronde à l’intensité inouïe. Cette cuvée est magnifique, c’est un must auquel il est préférable de donner quelques années de bouteille pour avaler l’élevage.

Décidément, nous aurons droit à tout en cette belle journée. Les cuvées spéciales du domaine, les Robert Bourasseau, ne sont jamais en dégustation. Mais comme Yves vient d’avoir une dégustation professionnelle, nous allons pouvoir les goûter.

Ce Condrieu Bourasseau est puissant et expressif, et à la fois doux et très délicat. Un vin enrobé et fin avec de nouveau ce safran en trame. D’une grande longueur, c’est une magnifique bouteille.

On peut désormais passer aux vins rouges, tous des 2007.

Le Saint Joseph Pierres Sèches est puissant avec un nez aux arômes de chocolat et de myrtille. Un bon vin, mais que je trouve un peu dur en bouche.

Les Serines (Saint Joseph) possède aussi ce côté chocolaté, mais cette fois sur fond de framboise. Il est très complexe, profond et concentré.

La Côte Rôtie Bassenon change de registre. Elle s’exprime sur le noyau d’abricots et une puissance fumée. On y trouve une amertume agréable. Un vin droit et élégant.

La Côte Rôtie Terres sombres est encore au niveau au-dessus. Son nez est parfumé, séduisant, sur le bois précieux et la réglisse. Beaucoup de fraîcheur, de richesse et de complexité. Un grand vin à attendre au moins 5 ans.

Le Cornas les Vires est lui beaucoup plus confit. Produit sur des vignes centenaires, il possède un nez balsamique explosif. Une concentration incroyable et des notes de pruneau lui donnent un faux air de Porto. Un vin énorme mais qui manque un peu de finesse.

Enfin, la Côte Rôtie Bourasseau nous transporte. On retrouve les terres sombres, mais avec encore plus de profondeur, de complexité et de délicatesse. Marqué par le pruneau, ce vin est velouté, riche et intense. Une merveille.

Bien sûr, il nous était impossible de partir sans goûter les Ayguets 2007, le Condrieu liquoreux (110g résiduels) du domaine. Les liquoreux sont une vieille spécialité de l’appellation, aujourd’hui presque disparue. On retrouve totalement le terroir et le style Condrieu, mais avec la dimension liquoreuse en plus. Puissance et intensité riment avec fraîcheur. L’équilibre est souverain, souligné par une légère amertume. Et un vin magnifique de plus !


Site Internet: Yves Cuilleron
 

Un peu de repos avant un dîner bien arrosé ne nous fera pas de mal.

 

Le dimanche sera plus calme et moins arrosé, mais nous sommes tout de même attendus chez Jean Luc Colombo à Cornas. Cette visite commence de la meilleure des manières, par une ballade dans les vignes. Nous pouvons ainsi nous imprégner du terroir. La légende est vraie, les pentes de Cornas sont vertigineuses. Quelles parcelles incroyables ! On comprend que ces vins s’échangent à des prix élevés. Les coûts de production sont énormes et le travail des vignes difficile. L’automne a jauni les feuilles, les paysages sur les parcelles Chaillots et la Louvée sont splendides.
 

Côté dégustation, le focus sera fait sur les vignes du domaine situées uniquement sur Saint Péray et Cornas.

En blanc, le Saint Péray La belle de mai et le Condrieu Amour de Dieu sont des vins agréables, marqués par la finesse.

Nous allons aussi être surpris sur les Cornas. Jean Luc Colombo recherche avant tout la finesse. On ne retrouve pas la puissance et l’intensité des vins dégustés le samedi.

Les Méjeans 2007, un assemblage de jeunes vignes, est un vin simple mais bon, un Cornas facile à boire relativement jeune.

On prend plus de plaisir avec les Terres brûlées 2006. Il est plus charnu et intense. On gagne également en complexité. La structure est bien veloutée. Une belle production.

Le vin de la Louvée est celui qui m’a le plus convaincu. Puissant, profond et intense, il fait une bien belle bouteille qui promet de bien vieillir.

Les Ruchets 2006 est malheureusement assez fermé. Il refuse de se livrer. Malgré un potentiel évident, il m’est difficile de bien en parler. A re-goûter plus tard.

Sa version 2004 me prouve toute sa classe. Il est cependant peu typique de la maison car plus puissant qu’à l’accoutumée. Il évolue déjà bien, sur des notes très animales, de sous-bois et de purée de fruits rouges.
 

Ce domaine est un peu à part dans la région. Il entretient son propre style et se démarque par sa finesse.

Site Internet: Jean Luc Colombo


Ces deux jours furent donc une grande aventure viticole. Chaque domaine nous aura marqué à sa manière.


Pierre Gaillard par la multitude de ses cuvées et la classe de ses vins.

Yves Gangloff par l’expression et l’explosivité de ses vins, ainsi que la sympathie du personnage.

Yves Cuilleron par la structure, la matière et la richesse impressionnante de ses cuvées.

Jean Luc Colombo pour ces quelques pas sur les pentes de Cornas et la finesse des vins.

 

Notre grand dîner composé de foie gras pôelé, Parmentier de canard et tiramisu nous aura également permis de goûter de belles choses. Quelques bouteilles sont sorties du lot :

Condrieu De Poncins de François Villard, Lafaurie Peyraguey 1998, Châteauneuf-du-pape blanc cuvée Barberini du domaine de la Solitude, Pichon Comtesse 2007, Mas Amiel cuvée Charles Dupuy.

  

Bref, en deux jours nous avons magnifiquement élargi notre connaissance des vins du Rhône nord, avec cependant un regret : aucune cuvée d’Hermitage dégustée. Nous serons obligés de revenir… 

Présents ce week-end:
Laurent pour LDB, ainsi que Alexandra, Florent, Charlotte, Benjamin, Camille, Julien, Manon, Juju et Clhoé, amis de LDB.
 


Région: Vallée du Rhône

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Published by à l'ombre d'un bouchon - dans Escapades
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